People Always Leave

Kothbiro

Je sais pas trop quoi penser de cette soirée hier soir. J’l’ai attendue avec impatience toute la semaine, j’me suis imaginée dix mille scénarios possible et bien sûr rien ne s’est passé comme "prévu".

Déjà, avant de partir du mariage, je décide d’appeler Many pour pas y aller pour rien au cas où il m’avait zappé. Il me dit que jamais d’la vie il aurait oublié ça, que quand il dit un truc il le fait. Mouais, bof. Le contraire s’est déjà vérifié. Et puis il m’annonce qu’ils viennent de finir le LG et qu’ils allaient tous faire un barbecue ensemble. Je fais un peu la moue, j’avais pas envie d’ça, j’avais envie d’être avec lui et faire une soirée posée comme il l’avait dit. Mais d’après lui on avait rien défini. Il a quand même senti ma mine renfrognée mais j’ai dit que c’était bon. Je l’ai rejoint à la laverie. D’entrée, après un long câlin, il m’annonce qu’il a passé un entretien pour un taf de commercial itinérant, qu’il avait été sélectionné parmi 15 personnes pour l’entretien final à Lyon lundi. Il cache pas sa joie, sa motivation, sa détermination mais aussi son stress. J’suis contente pour lui mais j’trouve rien d’autre à lui demander que : "tu vas partir alors ?". Non il va rester ici mais il sera souvent en déplacement quoi. Oui, ça m’emmerde. J’le kiffe ce gars. C’est comme inné entre nous, j’sais pas comment l’expliquer. C’est fluide et naturel. Bref. Ensuite on monte chez lui pour qu’il puisse étendre son linge. J’avais encore l’espoir qu’il dise que finalement on avait qu’à rester ici. Mais non, il s’est même dépêché.

En fait c’était bien ce barbecue. J’y ai rencontré Nass, un gars vraiment sympa que j’vais sûrement revoir bientôt. Un peu trop tactile à mon goût peut-être, mais voilà, j’ai pris sur moi. J’ai bien ri.

Mais ensuite Many voulait rentrer pour pas se coucher trop tard vu que lundi il doit se lever tôt pour prendre le train pour Lyon, donc il se force à se coucher tôt depuis quelques jours. Bref. Du coup il me demande : "Tu veux monter ? Enfin j’veux dire pour au moins récupérer ton jeu ? Ou pour discuter un peu ?". Haha ! Il était presque gêné. Du coup j’suis partie avec lui. On s’est posé chez lui. Il a mangé un bout, j’étais posée sur son canap', on a écouté d’la musique, discuté un peu. Honnêtement j’avais dans le projet de rester dormir. Mais quand il a dit : "Bon j’vais pas tarder à m’coucher moi", j’ai compris que j’étais pas inclue dans l’projet. J’lui ai d’mandé : "Tu m’chasses Many ? Tu veux dormir ?". Il a bafouillé un truc genre "tu peux rester dormir s’tu veux" mais j’ai bien senti qu’c’était pas trop sincère. Du coup j’me suis levée. Il fait genre "ouais cool comme ça on peut ouvrir le canap' et s’coucher" mais j’ai pris mon sac et enfilé mes pompes en lui disant que j’allais y aller. Et puis j’sais pas, il insiste pour qu’je reste mais s’excuse en disant qu’il avait besoin de repos et qu’il dormait toujours mal avec quelqu’un de nouveau. J’me dirige vers la porte, il insiste toujours : "mais restes ! Viens t’asseoir ! Pfffff t’es pénible...". Je l’sens, je l’sais, il dit ça sans conviction. Du coup j’commence à lui dire "Bonne nuit, bonne chance pour l’entretien...", j’suis quasiment sur le pas d’la porte. Et là j’sais pas comment, ni pourquoi, il part dans un monologue à propos d’ce taf et de j’sais-plus-quoi, il part loin, à tel point qu’à un moment j’me marre qu’il arrive à se souvenir de quoi il était parti. J’suis limite au point de m’endormir contre la porte, j’l’écoute mais j’arrête pas d’me d’mander pourquoi il m’dit tout ça. Et puis au bout de genre 10-15 minutes j’l’arrête et j’lui dit qu’il faut qu’il dorme, que j’comprends pas pourquoi il m’dit tout ça maintenant. Et v’là qu’il recommence. Du coup j’m’assois par terre et pose ma tête sur sa table basse en lui disant d’me prévenir quand il avait fini. Ca a pas duré, je crois qu’ça l’a perturbé. Du coup j’me suis levée pour me diriger vers la porte. Je crois alors qu’il dit que j’pourrais rester si j’voulais, qu’il s’excusait, je sais plus. J’me souviens juste du "tu reviendras dormir quand même ?" qu’il a sorti d’un coup, comme un truc qui est sorti tout seul. J’me suis retournée, j’l’ai regardé quelques instants, il me regardait aussi. Et puis j’ai juste dit "je sais pas". Je vais alors pour ouvrir la porte et sortir. Il m’dit : "tu m’dis même pas aurevoir". J’avais envie de dire "non Many, j’aime pas te dire aurevoir, j’ai pas envie d’te dire aurevoir, j’ai pas envie d’partir en fait". J’ai fait quelques pas dans l’couloir et j’me suis retournée. Il prend ses clés et se met à me raconter l’anecdote de quand il s’est retrouvé enfermé en dehors de son studio et qu’il a dû appeler un serrurier. Il peut pas s’en empêcher… Et puis il s’approche de moi et me sert fort dans ses bras. J’hésite mais cède vite… On est resté un bon moment comme ça. Il me chuchote "merci de ta compréhension" dans l’oreille. Je déglutis mais je réponds que j’comprenais parfaitement. Et puis il dessert l’étreinte alors je perds pas de temps pour m’enfuir…

C’matin j’ai mis mon portable à charger pendant la répèt' et c’est que quand j’suis rentrée que j’ai vu son message :"Bonjour, tu peux m’appeler… ?". J’l’ai appelé en allant au LG. Il voulait s’excuser pour hier soir, qu’il se sentait un peu fatigué, malade, mais qu’c’était pas du tout à cause de moi, qu’en temps normal jamais d’la vie il m’aurait laissé partir. Blablabla. J’lui dit qu’il a pas à s’excuser. Blablabla.

En fait, dans ma tête c’était clair que j’allais pas restée dormir au moment où j’ai senti un doute chez lui. J’étais plus du tout à l’aise, j’me sentais plus trop le bienvenu. Je déteste m’imposer. Plus tard j’me suis même dit que j’le f’rais jamais en fait, que c’était peut-être pour le mieux comme ça…